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Cours de Syntaxe 3ème année
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Siham


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:54 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

I. La grammaire générale

Le terme grammaire vient du grec et signifie « l’art d’écrire », mais très tôt, il a pris un sens plus large qui recouvre toute l’étude de la langue. Plus récemment le terme de grammaire a pris un sens plus restrictif. On le réserve à « la partie de l’analyse de la langue qui figurait dans la grammaire classique sous les rubriques flexion et syntaxe. » (Lyons, Linguistique générale, Introduction.)
La distinction entre la flexion et la syntaxe qui repose sur l’idée que le mot est l’unité fondamentale de la langue est ainsi formulée : la flexion traite de la structure interne des mots ; la syntaxe rend compte de la manière dont les mots se combinent pour former des phrases.
Actuellement, le terme grammaire est supplanté par celui de morphosyntaxe.


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:54 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Siham


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:55 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

1. Les sources philosophiques

La réflexion sur le langage humain ne date pas d’hier. C’est la philosophie grecque qui a donné les principes fondamentaux d’après lesquels le langage va être pensé. En effet, des siècles durant, ce sont les principes mis au point par les Grecs qui seront à la base de la réflexion européenne.
Cette réflexion s’articule autour du rapport entre langage et réel, c’est-à-dire de l’étude générale de l’univers et des institutions sociales. La question était : existe-t-il un rapport nécessaire entre le sens d’un mot et la réalité qu’il représente ? Ainsi est-elle née la recherche systématique et délibérée de l’étymologie formée sur la racine grecque etymo « vrai, réel ». Ce terme trahit son origine philosophique en ce sens qu’il signifie établir l’origine d’un mot et partant de là « son vrai sens » C’était révéler une des vérités de la nature.
Les philosophes matérialistes fondaient leur réflexion sur une division, une atomisation des éléments du monde. Ainsi les lettres étaient-elles considérées comme les atomes phoniques. Démocrite (460-370 av. J.C.) fût le premier à employer l’alphabet comme exemple de démonstration atomistique. Héraclite (576-480 av. J.C.) soutenait que les qualités des choses se reflétaient dans leur phonétisme. Mais le type même de l’écriture phonétique a fini par faire imposer une conception du langage comme idéalité réfléchissant un dehors, un autre lien avec lui que conceptuel. En effet, l’écriture phonétique témoigne d’une conception analytique de la substance phonique du langage.
Ce qui sera appelé signifiant plus tard est déjà distingué du référent et du signifié mais il est divisé en éléments constituants.
Pour les philosophes grecs, le langage est une sonorité. Dès la tradition homérique, penser est décrit comme parler, localiser dans le coeur mais surtout dans les poumons. En partant de cette conception de la pensée comme une parole vocale, on aboutira à la notion de ratio « raison » et d’oratio « oraison ». S’il est un vocalisme, le langage est en même temps propre à un sujet. Il est une faculté vocale subjective.
A travers le célèbre dialogue de Platon (429-349 av. J.C.), Cratyle, témoigne de ces discussions philosophiques qui considèrent comme admise la séparation entre langage et réel. Le langage est une création humaine qui découle de l’essence des choses qu’il représente. Donc, le langage devient une obligation, une loi naturelle pour la société. Le nom pour Platon signifie loi, coutume, usage.
Le langage est donc pour Platon un instrument de connaissance (mimesis sur la nature) : « Quand on sait les noms, on sait les choses. » (Cratyle)
Dans la conception platonicienne, le nom a une place prépondérante : le langage nomme le réel, mais il est aussi un objet à créer. Ainsi, selon cette conception, le signifié précède le signifiant ; le signifié est distinct du référent, il est lié à un domaine plus vaste qui est celui de l’idée. Créer des mots consisterait donc à donner une enveloppe phonique à une idée déjà là. Le langage sera surtout un signifié qu’il s’agira d’organiser logiquement et grammaticalement. Pour systématiser le langage ainsi créé, Platon développe une théorie phonétique qui suit la même logique que sa théorie du sens : « Puisque c’est avec des sons et des lettres que se fait l’imitation de l’essence. »
Dans l’ensemble linguistique, Platon distingue une couche sonore qu’il divise en éléments ; le terme élément est synonyme de lettre recouvrant la notion de phonème dans la conception actuelle : il s’agit, en effet, de l’élément ultime de la chaîne sonore. Platon distingue également entre voyelles et consonnes. Ces éléments forment les syllabes au-delà desquelles on peut retrouver le rythme de l’énoncé.
Chez Platon, les syllabes constituent les noms et les verbes avec lesquels s’organisent « un grand et bel ensemble » D’une part, Platon définissait ces grandes classes grammaticales en termes de logique et non pas en termes de grammaire comme parties constituantes d’une proposition. D’autre part, il réunissait en une même classe ce que nous désignons par verbes et adjectifs.


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Siham


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:55 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

Platon est le premier à annoncer une catégorisation du discours. Ce fut par la suite Aristote (384-322 av. J.C.) qui développera cette théorie en approfondissant la notion de catégorie du discours. Il a conservé la classification de Platon en y ajoutant une troisième classe qui est celle de la conjonction. Il a également introduit un troisième « genre » : le neutre.

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Siham


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:55 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

2. Les grammaires arabes

Nous devons à certains grammairiens arabes de nombreux traités d’analyse de la langue et de codification de règles.
C’est Abou Aswad Douali qui opéra la distinction des voyelles courtes : le « soukoun », la « fatha », la « damâ », la « kasra », la « chadda », le « tanwine ».
Le grammairien Yahia Ben Yamar a mis au point certaines catégories grammaticales : « ism », « fiâl », « alharf ».
Le philologue et grammairien arabe Al-Khalil, qui fut le plus grand représentant de l’école Bosra caractérisée par l’étude de l’arabe du désert a, quant à lui, élaboré un traité de grammaire qui codifie les règles de la parodie. C’est à lui que nous devons le classement des mots selon les lettres de l’alphabet rangées d’après la position des organes qui servent à les articuler. Nous lui devons aussi le premier dictionnaire arabe appelé « lkitab al aïn »
Le grammairien arabe Sibawayh (‘Amr ibn ‘uthmân ibn Qanbar al-basrî) connu en Occident sous le nom de Sibouyah, a présenté au Calife Hârûn al-Rachid son traité de grammaire (VIIIème siècle) que les arabes appellent « Al Kitab » (le livre) dans lequel il codifie systématiquement les problèmes grammaticaux. C’est lui qui définit les trois parties du discours connues sous l’appellation de « nom », de « verbe » et d’ « article ». Il aussi élaboré un recueil où il explique les règles d’irâab appliquées aux verbes et aux noms (syntaxe). Rappelons que ce grammairien a pris comme objet d’analyse l’ « arabe des tribus et du coran » ; pour ce faire, il utilise les principes d’analogie (Al qiyas).
D’autres grammairiens comme Hillal Al Askari qui a écrit “kitab el fourouk » ou Al Asmouni qui a travaillé sur la « morphologie » ont aussi élargi le champ d’investigation de la langue.
Cependant, contrairement aux grammairiens grecs, les grammairiens arabes vont s’appuyer sur les mathématiques pour développer leur théorie grammaticale. En effet, alors que les grammairiens grecs considèrent les langues comme des langues closes (il s’agit de parler comme le veut l’usage : une seule façon de parler est admise), les grammairiens arabes, eux, considèrent les langues comme des langues ouvertes. Ce principe de langues ouvertes va les mener donc à ne pas s’intéresser à la phrase d’une manière linéaire (c’est le principe des grammairiens grecs), mais à se préoccuper de la phrase d’une manière expansive. Autrement dit, ils vont passer de la phrase à interprétation unidimensionnelle à la phrase à interprétation multidimensionnelle. En d’autres termes, ils élèvent la phrase au niveau du discours parce que, pour les grammairiens arabes, le discours est ouvert et se prête à de nombreuses interprétations. Et c’est pour entreprendre l’analyse de la phrase à plusieurs dimensions que les grammairiens arabes font faire appel aux mathématiques. Grâce à cette science, ils vont pouvoir introduire dans leur grammaire des notions comme celle d’algorithme, celles de propriétés associatives ou commutatives, etc.


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Siham


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:56 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

3. L’évolution du concept de grammaire

Bien que tributaire de quelques changements importants au cours des âges, les classes de mots et les catégories grammaticales que nous connaissons encore aujourd’hui nous viennent des grecs. En effet, les premières tentatives d’analyse de la langue et construction de classes et de catégories grammaticales ont commencé dès la création de l’Académie (Ecole philosophique) par Platon en 387 av. J.C. Cette construction s’est étalée sur plusieurs siècles et chaque grammairien a porté son lot de règles pour déterminer une classe de mots donnée.
3.1. Historique

Ainsi, nous devons à Platon (428 – 348 av. J.C.) la distinction entre le nom et le verbe. Mais lorsque Platon débat des propriétés du mot, il définit le nom comme l’objet de l’acte d’énonciation, comme l’élément à propos duquel on apporte une information, c’est-à-dire comme le thème (ce dont on parle) et le verbe comme ce qui peut exprimer l’action ou la qualité énoncée, c’est-à-dire comme le propos, (ce que l’on en dit).
Cette distinction rejoint celle de sujet/prédicat mais elle ne lui est pas équivalente. Le découpage de la phrase en sujet/prédicat en en effet une distinction syntaxique (SNS + SV) alors que la notion de thème/propos est d’ordre logique. Les notions de thème et de propos se situent au niveau de la proposition, de l’énoncé, mais au niveau de l’énonciation, elles s’ordonnent en fonction des intentions du locuteur dans l’acte de communication.
Pour une distinction d’ordre syntaxique, nous aurons, par exemple, le découpage suivant :
« Ce célèbre chirurgien a opéré mon fils. »
- Qui est-ce qui a opéré mon fils ? : ce célèbre médecin (c’est le sujet ou syntagme nominal sujet ) ;
- Qu’a fait ce chirurgien ? : (il) a opéré mon fils (c’est le prédicat ou syntagme verbal).
« Ma voisine est très généreuse. »
- Qui est-ce qui est très généreuse ? : ma voisine (c’est le sujet ou syntagme nominal sujet ) ;
- Comment est cette voisine ? : (elle) est très généreuse (c’est le prédicat ou syntagme verbal).
Pour une distinction d’ordre logique, nous aurons, par exemple, le découpage suivant :
« Mon fils, c’est ce célèbre chirurgien qui l’a opéré.»
- De qui parle-t-on ? : mon fils (c’est le thème) ;
- Qu’est-ce qu’on en dit ? : (que) ce célèbre chirurgien l’a opéré (c’est le propos)
« Ma voisine, elle est très généreuse.»
- De qui parle-t-on ? : ma voisine (c’est le thème) ;
- Qu’est-ce qu’on en dit ? : elle est très généreuse (c’est le propos)
Ainsi, le découpage syntaxique donne donc :

Ce célèbre chirurgien............. a opéré mon fils
...............sujet...................................... prédicat
Ma voisine................ est très généreuse
.........sujet.................................. prédicat

Et le découpage logique donne donc :

Mon fils, c’est ce célèbre chirurgien qui l’a opéré
.......thème.............................. propos

Ma voisine, elle est très généreuse
...........thème................ propos

Avec Aristote (384 – 322 av. J.C.), on découvre une 3ème partie : la conjonction. Pour Aristote, la conjonction se définit comme tout ce qui ne renvoie ni au nom, ni au verbe.
De plus, on retrouve chez Aristote la notion de «neutre» de même que celle de temps dans le verbe (temps grammatical).
La notion de temps grammatical s’oppose à la notion de temps aspectuel. Dans le temps grammatical, le procès est situé dans le temps relativement à un repère qui peut être le moment de l’énonciation (actions déterminées par rapport au présent du locuteur ) :
Exemples :
- Hier, le joueur ne s’est pas entraîné. (passé composé) ;
- Maintenant, elle ne pleure pas. (présent) ;
- La semaine prochaine, mon fils te remettra tes affaires. (futur simple) ;
- Les ouvriers travaillaient même les vendredis. (imparfait).
Autrement dit, le verbe marque les articulations particulières composant la conjugaison. : passé, présent, futur simple, passé composé, etc.
Le temps aspectuel est la façon selon laquelle le locuteur envisage les différents moments du déroulement de l’action, indépendamment du repère temporel (situation dans le temps). Autrement dit, c’est le temps qui s’écoule :
Exemples :
- Le film vient de commencer. ( aspect inchoatif : dans la tranche de temps qui matérialise le présent, l’action se situe tout au début ce cette tranche de temps) ;
- Mon père vient de terminer son travail. (aspect terminatif : dans la tranche de temps qui matérialise le présent, l’action se situe à la fin de ce cette tranche de temps) ;

- Mon père dort. (aspect duratif : dans la tranche de temps qui matérialise le présent, l’action se situe tout au long ce cette tranche de temps.)
L’Ecole Stoïcienne dont Zénon, Chrysippe et Cléanthe étaient les fondateurs ajoute une quatrième partie : l’article.
Elle propose en plus les distinctions entre nom propre et nom commun, entre type actif et type passif et entre verbe transitif et verbe intransitif.
Ce fut cependant sous les Alexandrins (Ecole de grammairiens grecs IIIème et IIème siècle av. J.C.) que la grammaire traditionnelle prit son essor . Les Alexandrins ont mis en avant l’idée que la langue écrite était plus pure, plus correcte que la langue parlée.
C’est à Denis de Thrace (IIème siècle av. J.C.) que nous devons la première codification systématique de la grammaire grecque. Avec Denis de Thrace, le nombre de classes de mots passe de quatre à huit avec l’addition de l’adverbe, du participe, du pronom, de la préposition.


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Siham


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:56 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

Trois siècles plus tard, Apollinios Dyscole traitera des rapports entre les mots en vue de la transmission de la signification. Il fut le premier à donner une description explicite de la syntaxe. Ces rapports sont décrits en termes de préceptes d’agencement, d’accord, de concordance, etc.
Pour Apollinios, il s’agit d’arriver à une description de la langue qui permettrait de rendre aux textes de poètes antiques, la pureté originale que la tradition orale et les « erreurs » des copistes leur avaient fait perdre. Plus tard, et jusqu’à nos jours, les grammaires furent publiées en vue d’enseigner à écrire la langue et comme, à travers les siècles, les références étaient l’histoire de la langue, l’étymologie, les écrits des auteurs côtés de chaque époque et bien sûr, l’opinion du grammairien lui-même, et il est normal que grammaires dites traditionnelles (parce que issues de la tradition grecque) avaient été et continuent d’être prescriptives.
On évoque par exemple une prétendue logique tendant à établir des analogies sur des bases étroites et à proscrire tout ce qui ne leur est pas conforme : ainsi « dans le but de » ne serait pas correcte parce que "but" signifiait à l’origine "cible". On ne tient pas compte de l’apparition de "but" dans l’environnement qui lui donne le sens "d’intention".
Si on utilise encore aujourd’hui des règles relativement complexes sur les accords du participe passé, c’est parce que Clément Marot (poète français, 1496–1544) a défini ces règles en les calquant sur la langue italienne.

3.2. Evolution du système descriptif

Dans l’acceptation traditionnelle, la grammaire était définie comme l’étude des combinaisons de radicaux et de désinences en mots (morphologie) et des combinaisons de mots en groupes et en phrases (syntaxe).
Cette grammaire ne rendait compte que des relations qui existaient entre ces deux niveaux d’analyse.
La dimension normative imposait un code et des règles auxquels la communauté linguistique devait se conformer.
Pour imposer ce code et ces règles, les grammairiens se basaient sur des raisons d’ordre socioculturel. Ils décidaient que tel ou tel type de langue, était une langue de prestige, une langue à imiter, une langue à adopter. Dans le « bon usage » de M. GREVISSE, les exemples de phrase de « bons auteurs » sont pléthores.
Il y eut dès le Moyen Âge, des descriptions la langue française. C’est au XVIème siècle que paraissaient les premières grammaires françaises.
Deux événements de taille allaient permettre le développement de la réflexion sur la langue française :
- le 1er événement était d’ordre politique, on impose le français comme langue des tribunaux, c’était en 1539 (ordonnance de VILLERS-COTTERETS).
- Le 2ème événement était d’ordre littéraire, on met le français sur le même pied d’égalité avec les langues anciennes, c’était en 1549. (La Défense et illustration de la langue française).
Cette grammaire traditionnelle que nous connaissons aujourd’hui et qui est née au XVIème siècle se lie dès son origine à la grammaire latine. Pourquoi ? Parce que tout l’y invite : le caractère prestigieux da la langue latine dans le contexte socioculturel du XVIème siècle, la filiation évidente entre les deux langues et aussi sans doute des structures scolaires qui accordent, à juste titre et pour privilégier la culture, la part du lion à l’étude du latin.
Et c’est ce parallélisme dans l’enseignement dans l’enseignement des deux langues qui va être la source de nombreux problèmes de catégorisations des différentes parties de discours.
Par exemple, le paradigme des adjectifs est riche en grammaire latine et la grammaire traditionnelle va tenter d’accorder les catégories grammaticales de deux langues différentes quoique voisines.


* les adjectifs possessifs, démonstratifs, indéfinis, etc.


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Siham


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:57 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

- Comme "rouge", dans "La voiture rouge me plait","à toi" dans "La voiture à toi" me plait, "à eux" dans "La voiture à eux me plait " et "à tous" dans "La voiture à tous me plait " commutent sur l’axe paradigmatique en latin, ces mots vont appartenir à la même classe de mots.



- En français, "rouge", dans "La voiture rouge me plait ","ta" dans "ta voiture me plait " ou "leur" dans "Leur voiture me plait " ne commutent pas sur l’axe paradigmatique et pourtant ils vont appartenir à la même classe de mots.
Il en est de même pour l’adjectif numéral qui est employé comme pronom en latin sans que cette classe n’existe en français.

- Douze enseignants ont été convoqués par le doyen (adjectif numéral).
- Trois ne se sont pas présentés (pronom numéral)
Cette grammaire prescriptive (ou normative) qui donne les règles pour les combinaisons des mots en phrases, qui exclut, d’un côté, la description phonologique des mots et de l’autre les descriptions du sens que portent les mots et les phrases spécifiques ne repose que sur des jugements subjectifs.
Cet objet de la grammaire traditionnelle va être complètement modifié par l’avènement de la linguistique.
En effet, la linguistique qui se présente comme scientifique et objective ne pouvait s’accommoder de la méthode et de l’objet de la grammaire traditionnelle. Elle va donc étendre son champ d’investigation aux formes orales d’une langue en définissant clairement son objet et ses méthodes, en enregistrant, en classant, en analysant les faits de langue, de l’ensemble des relations observés sans exclusive sociale ou esthétique..


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:58 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

Conclusion
Nous avons pu voir suivre l’évolution de la grammaire traditionnelle et ses limites en matière de description. Il faut reconnaître que dans les domaines "rédactionnel" et "élocutionnel", elle n’a pas trop subi de critiques.
De ce fait, les nouvelles grammaires, telles que la grammaire distributionnelle, la grammaire générative et transformationnelle, la grammaire fonctionnelle, etc. vont tenter de rendre compte, pour toutes les phrases de la langue, de l’ensemble des relations qui existent entre la phonétique, la sémantique, la morphologie ou la syntaxe. Le domaine de la grammaire va donc être élargi pour mieux rendre compte du fonctionnement de la langue.
Il est évident qu’une grammaire tronquée d’un certain nombre de paramètre, tel que le paramètre paraverbal ou celui du non verbal, ne pouvait disposer du concept de structure comme l’envisagent les nouvelles grammaires qui vont naître et dont les caractéristiques principales sont la notion de totalité et d’attitude relationnelle.


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Siham


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:58 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

4. Grammaire et linguistique

Le terme "grammaire" a longtemps été le seul employé pour désigner l’étude de la langue. Depuis presque deux siècles maintenant, est apparu un nouveau terme, celui de linguistique bâti sur la racine latine du mot "langue". Aujourd’hui, ces deux termes ne sont plus synonymes : ils renvoient à deux démarches différentes.
4.1. De la grammaire à la linguistique
En face d’énoncés comme : "Vous partez ce soir ?" ou "Moi, y en a beaucoup de sous", deux attitudes sont possibles.
8La première consiste à les classer comme corrects ou non, à recenser les fautes qu’ils contiennent ou qu’ils ne contiennent pas, à les corriger pour parvenir à des énoncés jugés convenables par rapport à une norme donnée. Dans ce cas, on se représente la langue telle qu’elle devrait être parlée. Le modèle à suivre est le français parlé par la plus saine partie de la cour, à quoi il faut ajouter les oeuvres de quelques grands écrivains choisis. C’est ce que l’on appelle "le bon usage". Selon le principe de ce bon usage, l’on demandera aux usagers de la langue de construire ces énoncés de la manière suivante : " Partez-vous ce soir ?" ou "Moi, j’ai pas beaucoup d’argent". C’est l’attitude normative (ou prescriptive). Lorsque nous pratiquons une grammaire qui s’appuierait essentiellement sur la défense d’une norme, nous nous inscrivons dans l’optique d’une grammaire traditionnelle.
8La seconde consiste à décrire l’énoncé produit sans s’interroger sur sa correction par rapport à un usage qu’il faudrait suivre. Dans ce cas, on se représente la langue telle qu’elle est parlée. Le désir des linguistes sera de créer des concepts (notions définies de manière très stricte et rigoureuse) et leur souci d’appliquer à l’étude du langage des méthodes scientifiques. C’est l’attitude descriptive. Lorsque nous étudions une langue en nous écartant de toute idée de norme comme de tout parti pris esthétique, moral ou évaluatif, nous nous inscrivons dans une grammaire moderne appelée "linguistique".
4.1.1. Grammaire
En nous référant à la définition qui est donnée au terme "grammaire par "Le Littré (dictionnaire de l’Académie Française) : "La grammaire est l’art d’exprimer ses pensées par la parole ou par l’écriture d’une manière conforme aux règles établies par le bon usage", nous remarquons que la grammaire figure au nombre des arts. Ce qui implique un jugement de valeur (beau / laid) voire éthique (bien / mal). La visée de cette grammaire est proprement normative : la grammaire prescrit la manière de bien écrire, sur la base de l’avis de quelques érudits (bons auteurs).
Pour reconnaître les éléments de la phrase, la grammaire traditionnelle passe par deux types d’analyse : l’analyse grammaticale et l’analyse logique.
4.1.1.1. l’analyse grammaticale
Il s’agit tout simplement de prendre tous les mots contenus dans une phrase et de les analyser un par un selon des règles établies. Ainsi si nous voulons effectuer l’analyse grammaticale de la phrase "La petite fille de ma voisine mangeait du pain rassis dans sa chambre", nous devons procéder de la manière suivante :
la : article défini, se rapporte au nom "fille, féminin, singulier.
petite : adjectif qualificatif, épithète du nom "fille", féminin, singulier.
fille : nom commun de personne, féminin singulier, sujet du verbe "manger".
de : préposition ; unit le complément déterminatif "voisine" au nom "fille".
ma : adjectif possessif, se rapporte au nom "voisine", féminin, singulier.
voisine : nom commun de personne, féminin singulier, complément du nom "fille".
mangeait : verbe manger, 1er groupe, temps imparfait, mode indicatif, 3ème personne du singulier, forme active, sens transitif direct, base de la phrase.
du : article partitif contracté, se rapporte au nom "pain", masculin, singulier.
pain : nom commun de chose, masculin singulier, complément d’objet direct du verbe "manger".


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MessagePosté le: Jeu 4 Fév - 10:59 (2010)    Sujet du message: Cours de Syntaxe 3ème année Répondre en citant

rassis : adjectif qualificatif, épithète du nom "pain", masculin, singulier.
dans : préposition ; unit le complément circonstanciel "chambre" au verbe "manger".
sa : adjectif possessif, se rapporte au nom "chambre", féminin, singulier..
chambre : nom commun de chose, fém. sing., complément circonstanciel de lieu de "manger".
4.1.1.2. l’analyse logique
Il s’agit tout simplement de prendre toutes les propositions contenues dans une phrase et de les analyser une par une selon des règles établies. En grammaire traditionnelle, on appelle proposition un ensemble de termes groupés autour d’un verbe. Ainsi si nous voulons effectuer l’analyse logique de la phrase " Les étudiants aimeraient bien que leurs professeurs soient plus gentils" ou " Les étudiants qui se consacrent sérieusement à leurs études fournissent beaucoup plus d’efforts au moment où arrivent les examens", nous devons procéder de la manière suivante :

" Les étudiants aimeraient bien que leurs professeurs soient plus gentils."
a) Les étudiants aimeraient bien : proposition principale
b) que leurs professeurs soient plus gentils : proposition subordonnée complétive, complément d’objet direct de "aimeraient", introduite par la conjonction de subordination "que".
" Les étudiants qui se consacrent sérieusement à leurs études fournissent beaucoup plus d’efforts au moment où arrivent les examens."
a) Les étudiants fournissent beaucoup plus d’efforts : proposition principale.
b) qui se consacrent sérieusement à leurs études : proposition subordonnée relative, complément du nom "étudiants", introduite par le pronom relatif "qui".
c) au moment où arrivent les examens : proposition subordonnée circonstancielle, complément de temps de "fournissent", introduite par la locution conjonctive "au moment où".
4.1.2. Linguistique
En nous référant à la définition du terme linguistique qui est donnée par le dictionnaire Robert : La linguistique est l’étude systématique des éléments constitutifs d’une langue : sons, formes, mots, procédés" nous remarquons que l’approche n’est plus la même. En effet, la visée de l’étude systématique n’est plus prescriptive, mais descriptive et explicative. Il s’agit d’avoir sur les phénomènes grammaticaux le même regard que le physicien sur les phénomènes naturels qu’il observe. Isaac Newton, lorsqu’il voit la pomme tomber, n’émet aucun jugement esthétique ou éthique (ce n’est ni beau, ni bien) ; il décrit et tente une explication. Cette grammaire suit la démarche scientifique, qui se veut faite de rigueur et de méthode, recherchant l’exhaustivité (systématique). Elle vise à l’étude objective de la langue dans ses différentes composantes : pour reprendre les termes du Robert, sons (phonétique et phonologie), formes (morphologie), mots (lexique et lexicologie), procédés (syntaxe, stylistique ou rhétorique).
Afin d’éviter l’ambiguïté, et eu égard à sa longue tradition normative, le français a pris l’habitude d’utiliser le mot grammaire pour désigner la démarche normative. Pour désigner l’acception scientifique de grammaire, il emploie le terme linguistique. Cette opposition de terme entre grammaire et linguistique ne se retrouve pas dans tous les pays.


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