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Pourquoi l'enfant devient turbulent...

 
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Siham


Hors ligne

Inscrit le: 24 Déc 2009
Messages: 65

MessagePosté le: Mer 13 Jan - 17:26 (2010)    Sujet du message: Pourquoi l'enfant devient turbulent... Répondre en citant

Maurice Berger, chef de service en psychiatrie de l'enfant au CHU de Saint-Etienne et auteur, tente de nous prévenir sur un phénomène en augmentation : les enfants barbares


Les enfants barbares


C'est quoi des "enfants barbares" ?

Ce sont des enfants qui peuvent taper sans retenue, avec cruauté, c'est-à-dire sans tenir compte de ce qu'ils font à l'autre. Ces enfants vont jusqu'au bout de leur violence. Ils ne s'arrêtent que lorsque l'autre est blessé. Cela peut commencer dès que l'enfant marche vers 15-16 mois lorsque la marche libère ses mains. Au moment où cela se passe, les enfants sont envahis par des images du passé. On a l'impression qu'ils sont habités par quelqu'un d'autre. Leur voix change, leur regard n'est plus le même. Ce n'est pas un phénomène rare. On rencontre ces enfants partout : à la crèche, en maternelle, dans les jardins publics.


Dans votre livre, vous dites que ces enfants ont subi des traumatismes dans les premiers mois de leur vie. Pourtant, à cet âge, le cerveau est à peine formé...

Plus les traumatismes sont précoces, plus ils laissent de traces car les enfants n'ont pas la parole pour comprendre ce qu'il se passe. Ils sont incapables de comprendre si ce qui va mal vient d'eux ou du monde extérieur, donc de leurs parents. Ils vont alors stocker des sensations sous forme d'images et de sons à l'état brut.



Depuis combien de temps observez-vous ce phénomène ?

Le premier rapport sur l'augmentation de la violence en milieu scolaire date de 1972. Cela montre qu'on a été incapable de le prendre au sérieux. Dès 11 ans, ces jeunes peuvent blesser grièvement, violer et parfois tuer. On constate que quand un mineur viole, c'est comme si c'était un viol mineur (on ne mesure pas la gravité pour la victime). Il suffit de voir la légèreté des peines pénales. Dans notre service qui est spécialisé dans ce domaine, on note une explosion de ce phénomène depuis 10 ans.



Les enfants turbulents ont-ils toujours existé ou c'est un problème de notre société ?

Il y a toujours eu des enfants turbulents, en particulier chez les garçons. Ce n'est pas un comportement anormal même si c'est épuisant pour les parents. Cela devient inquiétant lorsqu'un enfant est insensible aux limites éducatives, à la sanction et n'éprouve aucune culpabilité quand il fait mal.



Et si on est agressé en pleine rue à cause de l'un d'entre eux, comment doit-on réagir ?

Cette question se pose tous les jours. D'ailleurs, on lit souvent dans les faits divers que des personnes se sont faites assassiner dans la rue parce que leur agresseur avait imaginé qu'elle leur avait adressé un mauvais regard. Si on ne parvient pas à calmer l'agresseur par la parole, il faut rapidement chercher l'aide d'autres personnes et si possible appeler la police. Il ne faut pas rester seul. Il vaut mieux s'éloigner ou baisser les yeux si on sent de l'hostilité dans le regard de l'autre.

Leur prise en charge

Comment ces enfants sont-ils pris en charge ?

D'une manière générale en France, ces enfants restent exposés très longtemps à ces traumatismes. La protection de l'enfance dans notre pays en est restée à l'âge de pierre. Il est difficile de faire bouger ce dispositif. On commence souvent trop tard, quand l'enfant est suffisamment fort pour faire très mal. Il faudrait mettre en place une aide à la parentalité très intensive, soit si ça ne marche pas, séparer ces enfants de leurs parents rapidement.

Et à l'étranger, comment fait-on ?

L'exemple du Québec est intéressant. Là-bas, on intervient avant l'âge de deux ans. Après cet âge, les troubles sont irréversibles. On ne place pas plus d'enfants qu'en France mais on les place avant que leur violence soit fixée. Plus tard, la prise en charge est très lourde. Il faut des équipes spécialisées, c'est coûteux. Par exemple, dans mon livre, le cas de Joël a nécessité 582 000 euros pour le traitement et le résultat reste aléatoire. Notre absence de politique de prévention nous coûte extrêmement chère. La difficulté, c'est qu'il faut d'abord empêcher ces enfants d'être violents pour qu'ils commencent à penser. Tant qu'on les laisse agir, on ne peut rien faire. Il faut parfois se battre avec eux, les isoler des autres enfants quand ils sont dangereux, être des adultes très contenant et en même temps toujours écouter très attentivement ce qu'ils ont à dire, une fois calmés.



Comment faites-vous pour soigner ces enfants ?

Ce qui est compliqué avec les enfants barbares, c'est qu'après les traumatismes qu'ils ont subis, ils redoutent toute relation. Ils commencent par refuser notre aide et sont très méfiants. Nous les recevons à l'hôpital, cinq fois par semaine ou à temps complet, souvent pendant plusieurs années. Et nous nouons une relation signifiante pour eux. Une psychothérapie une fois par semaine est souvent insuffisante. Ensuite, à travers les jeux qu'ils vont faire, nous allons nommer ce qu'ils peuvent ressentir et pour la première fois, leur désespoir et leur angoisse seront partagés. Les enfants ont vécu leur traumatisme dans la solitude la plus totale. Petit à petit, en partageant leurs sentiments, ils vont pouvoir passer de l'absence d'espoir au chagrin puisqu'il y aura un adulte pour reconnaître ce qu'ils ressentent.


Quelques pistes pour l'éducation

Ma fille est turbulente et même provocatrice. Elle se moque complètement de ce que je lui dis. Elle m'adresse alors un sourire narquois et continue. Pourtant, je la punis, mais rien n'y fait. Que faire ?

C'est difficile de répondre sans connaître l'âge. Tous les enfants s'opposent à partir de 18 mois, et la réponse éducative n'est pas la même en fonction de l'âge. Je crois que comme adulte, il est important de négocier mais jusqu'à certaines limites. Ce qui concerne la politesse, l'obéissance sur des points importants, n'est pas négociable. La question c'est : Faut-il tout le temps être aimé par son enfant ? Si on veut vraiment faire son métier de parent, il faut y renoncer. On peut envoyer l'enfant dans sa chambre ou lui crier dessus.



Et la fessée ?

Certains enfants narguent l'adulte jusqu'à recevoir une fessée. Contrairement à ce qu'on essaie de dire de manière exagérée en ce moment, la fessée n'est pas une maltraitance lorsqu'elle est rare, que l'enfant a été prévenu, et si possible quand elle est donnée de manière non impulsive. Cela peut être le seul moyen pour l'enfant de constater les limites qu'il ne peut pas dépasser. La plupart des adultes ont reçu une ou deux fessées pendant leur enfance et disent ne pas en avoir été traumatisés. Cela ne fabrique pas des petits dictateurs pour autant. Mais il faut qu'à côté de cela, la relation avec l'enfant soit chaleureuse et qu'il y ait des moments de jeux partagés. Par contre, je suis opposé à la gifle qui est trop humiliante. De plus, je connais beaucoup de psychanalistes qui ont donné quelques fessées à leurs enfants.

Et leurs parents dans tout ça ? Ils sont forcément mauvais ?

Les parents qui soumettent leur bébé à des traumatismes relationnels précoces sont responsables mais pas coupables. La plupart du temps, ils ont eu eux-mêmes une enfance désastreuse qui les empêche de comprendre les besoins élémentaires de leur enfant petit. Ces traumatismes sont des coups, des attouchements sexuels mais plus souvent des négligences graves concernant l'alimentation, le rythme de vie, l'imprévisibilté. Les enfants ne peuvent jamais prévoir ce que les parents vont faire et c'est parce qu'il peut anticiper, qu'un bébé peut construire sa pensée.



J'ai entendu dire que la violence au sein de la famille pouvait engendrer ce comportement...

Oui, d'ailleurs il y a aussi l'exposition aux scènes de violence conjugale. C'est un point d'actualité puisqu'on sait qu'il y a beaucoup de femmes battues. En Seine-Saint-Denis, une femme sur deux qui est tuée par son ex-compagnon, l'est au moment de l'exercice du droit de garde. Donc, l'enfant est présent. Et on sait maintenant que voir sa mère frappée a autant d'impact pour un bébé que s'il est frappé lui-même, c'est-à-dire qu'il met à l'intérieur de lui l'image violente du père. Certains juges disent qu'un mauvais mari peut être un bon père. C'est faux lorsqu'il y a des violences conjugales. Un homme qui tape sa femme devant son enfant, perd toute préoccupation parentale à ce moment.



Bonjour Dr. J'ai lu dans un livre que la vie précoce en collectivité développait l'agressivité chez les enfants. C'est vrai ?

Je n'ai pas lu ça. Je dirai que cela dépend beaucoup du nombre d'adultes qu'il y a pour s'occuper des enfants mais de toute manière, tout enfant a une certaine violence en lui. D'ailleurs, Freud a dit que l'enfer serait de vivre dans un monde dirigé par des enfants de quatre ans.

L'importance du jeu

Le jeu est-il vraiment important chez l'enfant ? Pourquoi ?

Les glucides, lipides... sont indispensables pour la croissance physique de l'enfant. Le jeu est l'aliment de sa croissance psychique. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons. Tout d'abord, c'est comme cela qu'il apprend à faire semblant c'est-à-dire à faire la différence entre ce qu'il pense et la réalité. Vers 8 mois, on construit une tour avec des petits cubes et on montre à l'enfant qu'il peut la démolir en faisant badaboum. On recommence le jeu plusieurs fois et l'enfant constate que quand il a démoli la tour avec une certaine agressivité et jubilation, il ne l'a pas détruite pour de vrai puisqu'on peut la reconstruire. Ce qu'on constate lorsqu'on n'a pas joué avec un bébé, c'est ce qui se passe dans les banlieues "sensibles".

C'est-à-dire ?

Les jeunes sont incapables de jouer ou plus exactement ils ne font pas la différence entre jeu et réalité. Donc ils brûlent des voitures au lieu de jouer avec des petites voitures, ils détruisent des écoles et quand on leur demande pourquoi ils font cela, ils répondent : "C'est pour s'amuser". C'est pourquoi les politiques et les journalistes se trompent quand ils mettent en avant uniquement les facteurs sociologiques. Dans ces banlieues, la violence est un phénomène publique d'origine intime : personne n'a joué avec ces enfants pendant les deux premières années de leur vie. Le jeu est fatigant pour les adultes si on n'a pas un enfant joueur en soi.

On peut mettre les enfants devant la télévision ?

La télévision, ce n'est pas du jeu. Les jeux vidéo non plus. Ce n'est que de l'excitation. Le vrai jeu a lieu la télé fermée. C'est un échange "à toi, à moi". C'est un plaisir partagé avec de la créativité. Il suffit d'un quart d'heure de jeu par jour pour qu'un enfant n'aille pas trop mal. Mais beaucoup d'adultes n'y arrivent pas.



Mon enfant de 10 mois passe son temps à tout jeter par terre. Est-ce normal ou une provocation de sa part ?

C'est un jeu normal à cet âge. L'enfant regarde le trajet de l'objet, il fait des expériences. Il observe également si l'objet va revenir et s'il est perdu. C'est un jeu très sain mais fatigant pour les parents qui doivent ramener l'objet dans le lit à barreaux. Si vous pouvez tenir un quart d'heure par jour, c'est bien pour lui. Ensuite, vous pouvez arrêter, même si votre enfant grogne. Ne vous laissez pas complètement transformer en esclave.


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MessagePosté le: Mer 13 Jan - 17:26 (2010)    Sujet du message: Publicité

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narimane


Hors ligne

Inscrit le: 29 Avr 2010
Messages: 10
Localisation: Algérie

MessagePosté le: Ven 30 Avr - 16:09 (2010)    Sujet du message: Pourquoi l'enfant devient turbulent... Répondre en citant

Pour moi les enfants c'est à la fois adorable et compliqué , je voudrais seulement me poser une qustionner  une seule question, est ce qu'ils s'éduquent tout seuls ...ou faudrait-il toute une science pour qu'ils apprennent ,...d'après mon expérience , et les situations aux quelles j'ai assité , y a des enfants dépourvu de tout moyens et ils arrivent à apprendre même ce sont des génis ..par contre y en a qui onttout et n'arrivent pas à suivre ,....y a qu'à voir la nouvelle génération ils ont tout l'internet la parabole le portable .... mais ils béguaient toujs.

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